Les SSII, une histoire de gros sous

« L’action Cap Gemini bondit dans le sillage d’Accenture », titrait vendredi le site du journal patronal La Tribune. Et de vanter « une fin de semaine en fanfare pour Cap Gemini, qui s’impose ce vendredi en tête du CAC 40 ». Ou encore : « en un mois la valeur a bondi de près de 11% quand le CAC 40 a progressé de 1,9%. « 

La crise à peine terminée, voilà que Cap Gemini caracole en tête de la bourse française. La main invisible du marché fait vraiment de belles prouesses. Enfin, la raison de ces résultats extraordinaires est certainement moins mystique.

Quand j’ai terminé le livre, j’ai envoyé un simple courriel aux responsables de la communication des entreprises auxquelles je m’étais attaquées, dont Cap Gemini.

En voici l’intitulé exact :

« Monsieur,
Journaliste indépendant, je me permets de vous écrire suite à mon appel dans votre service.
Pour les besoins d’un livre que j’écris sur les SSII, il me faudrait un chiffre : l’augmentation moyenne des salaires à Capgemini en 2009.
Merci d’avance pour votre réponse.

Très cordialement.
Nicolas Séné »

Et voici la réponse sans appel de Cécile, l’assistante du chargé de comm’ :

« Monsieur,

Je viens de consulter Monsieur X et j’ai le regret de vous informer que nous ne communiquons pas cette information.

Bien cordialement,

Cécile X »

Son mail se termine par le slogan de l’entreprise : « Ensemble, libérons nos énergies ».

Quand on parle salaires à Cap Gemini, les énergies restent bien attachées.

C’est que, comme dans beaucoup de SSII, les augmentations de salaires pour les ingénieurs lambdas ne se sont pas envolées : beaucoup ont eu droit au fameux 0%, crise oblige. Les actionnaires, eux, toucheront honorablement leur 15% de rentabilité annuelle.

L’Argent est au coeur de l’histoire des SSII avec une certaine idée de la répartition des richesses. La Tribune vient de nous en donner un exemple.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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2 commentaires pour Les SSII, une histoire de gros sous

  1. fredtlse dit :

    Oui il est sûr que dès le démarrage de la crise, l’ensemble des grandes SSII se sont empressées d’annoncer à leur personnel le ralentissement de leur progression salariale ou le gel pur et simple des salaires. Mais depuis 3 ans, le Syntec Informatique s’enorgueillit de représenter un secteur dont la croissance, habituée à un niveau à presque deux chiffres, est restée positive…

    Ce courrier chez Cap, tu l’as envoyé à la direction du groupe j’imagine ? ou est-ce au niveau de Capgemini Sud ?

    Fred

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