Pourquoi parler de « révolution sociale » ?

A la veille de la sortie du livre, je dois faire une précision sur son titre qui semble interpeller. Pourquoi donc parler de « révolution sociale » ?

La révolution, c’est un « changement profond », un « bouleversement », dixit le Larousse encyclopédique en couleurs.  Elle n’est donc pas obligatoirement positive et, vous vous en doutez bien, la « révolution sociale » que je décris est néfaste pour celles et ceux qui la subissent.

Si l’ensemble des conditions de travail ont beaucoup évoluées sur les vingt dernières années, c’est, d’après moi, dans le milieu de l’informatique que ce que j’appellerais l’ultralbéralisme social s’est totalement décomplexé.

Plusieurs raisons à cela : l’individualisation inhérente au travail devant un ordinateur, l’individualisme forcené des informaticiens, le taux bas de syndicalisation (plus qu’ailleurs), un patronat qui a su apprendre des luttes sociales passées, la rentabilité élevée au rang de religion dans le management.

En clair, la nouvelle économie et les nouveaux métiers, par manque de rapport de force avec le patronat, ont subi de plein fouet la logique néolibérale. Ajoutez à cela la place singulière des SSII en tant que sous-traitant dans le tissu industriel, et vous obtenez une véritable révolution dans les relations sociales.

Ce que j’analyse donc dans le livre, ce sont les mécanismes qui se sont mis en place bouleversant totalement l’ordre social en entreprise (Chapitre 1). Ce qui entraîne l’apparition de nouveaux troubles de la santé (Chapitre 2). Je reviens aussi sur l’histoire des SSII qui se sont faites une place à part dans l’industrie (Chapitre 3). Enfin, je fais le point sur les forces sociales en présence dans le milieu (Chapitre 4).

Cette description du petit monde des grandes SSII est vraiment un danger pour l’ensemble du monde du travail : c’est la logique patronal poussée à son extrême.

A découvrir demain en librairie.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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