Les ingénieurs informatique descendent aussi dans la rue !

Toulouse, 10h00 ce matin. Les manifestants se préparent dans le quartier Saint-Cyprien pour, une nouvelle fois, battre le pavé et un nouveau record : 145.000 personnes ont défilé dans la Ville rose.


Aux côtés des cheminots, des professeurs, des soignants, etc., les ingénieurs informatique ont aussi pris part au cortège. « C’est vrai que les salariés de SSII ne sont pas beaucoup plus nombreux que la dernière fois », me confie un syndicaliste CGT d’Altran Sud-Ouest. « Mais au moins on est là ! », me lance-t-il.

C’est qu’ils n’ont pas trop la culture de la grève en SSII.

Alors que je vends FAKIR, un journal auquel je participe (www.fakirpresse.info), un type vient m’en acheter un et  me tient compagnie jusqu’à la fin de la manif’. Il travaille en SSII et il m’explique :

– Moi, avant je travaillais pour Ségula, raconte-t-il, impressionné par le raz de marée contestataire. C’était l’enfer en termes de conditions de travail. Maintenant je suis dans une SSII plus petite, sous-traitante d’Airbus. Et, c’est le patron du MEDEF local qui la tient. Autant te dire que chez nous il n’y a pas de syndicat et que personne ne fait grève. Aujourd’hui, je suis le seul !, poursuit-il amusé.

Comme beaucoup, il est conscient que ce qu’il vit au boulot n’est pas normal, alors je tente:

Et, les syndicats, tu as essayé ?

Non !, me répond-il. Je n’ai pas d’étiquette et je n’en veux pas. Enfin, j’ai bien été suppléant au CE mais je n’avais pas adhéré à la CGT que je représentais pourtant.

Paradoxe ? Sûrement.

La culture de la lutte collective en est à ses balbutiements dans l’informatique en général, et en SSII en particulier. En tout cas la prise de conscience est bien là et, désormais, les ingénieurs informatique descendent aussi dans la rue.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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