L’An I de la mobilisation sociale dans l’informatique

Un salarié Altran dans la manifestation du 19 octobre 2010

Au terme d’une nouvelle journée d’action pour le maintien du système de retraite par répartition, la bataille des chiffres est engagée : 560.000 manifestants dans le pays selon le Ministère de Brice Hortefeux ; 2 millions d’après la CGT. Une chose est sûre : les salariés de SSII sont plus nombreux.

La Darès (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) affirme dans sa publication de juin 2010 que les ingénieurs informatiques se mobilisent plus en général. Le MUNCI reprend le document dans son état des lieux complet relatif à la « Chronique des conflits sociaux dans les sociétés IT et les DSI ».

Ainsi, au chapitre sur « Une baisse du nombre total de journées non travaillées, mais de fortes hausses sectorielles », la Darès constate qu’en 2008 « le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève a diminué en moyenne, passant de 128 à 107 jours pour 1 000 salariés ». Cela est dû essentiellement à la plus faible mobilisation de la SNCF et de la RATP. Mais une fois enlevé ces deux entreprises sur la même période, le constat est clair : « le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève a augmenté entre 2007 et 2008 de 85 à 97 jours pour 1000 salariés dans l’ensemble des secteurs ».

Le privé semble donc  se mobiliser plus. Et, en se penchant sur le chapitre « Des grèves dans certaines branches professionnelles peu habituées aux arrêts collectifs de travail », on remarque que les branches « bureaux d’études et prestations de services aux entreprises » ne sont pas en reste. 2,5% des entreprises de 10 salariés ou plus dépendant de ces branches ont effectué au moins une grève ou un débrayage en 2008. Elles n’étaient que moins de 0,5% l’année précédente. Les thèmes mobilisateurs en disent aussi beaucoup : salaires, conditions de travail et emploi.

Certes, les chiffres de mobilisations dans le secteur informatique sont loin des raz-de-marée syndicaux qu’on peut connaître ailleurs. Mais l’histoire n’est pas la même : « Nous sommes la première génération de syndicalistes dans les SSII », me confiait un délégué d’Altran. Le meilleur reste donc à venir.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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