NAO : les patrons ne jouent pas le jeu

Les SSII proposent des augmentations de salaires utiles... pour l'apéro'

Ce début d’année marque l’ouverture officielle des NAO, les négociations annuelles obligatoires. Mais « obligatoire » ne veut pas dire que les salaires vont gonfler. Les salariés de SSII le savent déjà depuis quelques années. La preuve, une nouvelle fois, avec Safran Engineering Services (SES), la filiale de Safran qui engrange pourtant les profits.

« NAO 2011: faux départ », titre le syndicat Force ouvrière (FO) dans un de ses communiqués. Une annonce qui résume assez bien l’ouverture de la négociation patronat/syndicat pour les augmentations de salaires. La direction, représentée par son Pdg, Jean-Paul Herteman, a ainsi royalement proposé : 0,8% d’augmentations générales pour les non cadres et 0,9% pour les augmentations individuelles. Elles sont respectivement de 0% et 2% pour les cadres. L’individualisation des augmentations a toujours été un bon argument pour contenir les revendications.

« Mais, la crise est parlé par là ! », entend-on déjà se plaindre des directions en mal de profitabilité. La crise est l’argument utilisé depuis bien tôt deux ans par les SSII pour ne proposer que 0% d’augmentation à leurs salariés comme je le démontre dans le livre. FO a donc pris de l’avance sur l’argument fumeux en rappelant quelques judicieuses informations.

« Nous sommes incontestablement sortis d’une période délicate et le Groupe a repris le chemin du développement, trouvé la confiance des marchés financiers, confirmé celle de ses clients. » Cette citation de Jean-Paul Herteman a de quoi redonner des couleurs à des salaires bien moroses. Le 11 janvier dernier, l’action a même atteint 28,20€, « soit… une augmentation de 100% en un an ! », s’indigne le syndicat. Et l’effronté FO d’en remettre une couche en rappelant les NAO 2010 : « l’enveloppe allouée aux augmentations que devaient se répartir les 1800 salariés était ni plus ni moins que le salaire annuel du Pdg Jean-Paul Herteman ». Après la crise, quel argument vont trouver les directions ? Réponse autour de la table des négociations.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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