Les salariés de SSII donnent leur temps sans compter

Nouvelle génération de pendules installées depuis quelques années en SSII

En SSII, la plupart des salariés sont cadres même s’ils n’encadrent pas grand chose. Le patronat informatique use de ce statut parce qu’il est plus flexible et mal connu. La preuve ? La grosse arnaque sur le cadre qui ne devrait pas compter ses heures. Cas concret avec Altran.

« Les heures supplémentaires, si vous ne les déclarez pas, elles n’existent pas ! », clame haut et fort la CGT des cadres et techniciens d’Altran dans un tract d’information aux salariés du groupe. C’est qu’à Altran comme dans beaucoup de sociétés de services, l’idéologie patronale a formaté les esprits comme le rappelle le syndicat : « « On » nous répète que les salariés, en particulier les cadres, ont l’obligation d’effectuer des heures supplémentaires, comme si se mettre à la disposition de son employeur, quel que soit l’horaire, était la seule règle possible. »

Heureusement, cadre ou pas cadre, il y a un Code du Travail qui stipule que la durée légale (du travail) est de 35 heures hebdomadaires. Il y a aussi un contrat (de travail). Et, à Altran, il est précisé que le cadre doit décompter son travail dans la limite de 218 jours à l’année. Mais ils en font souvent plus, jusqu’à « 45 heures par semaine voire plus », affirme la CGT qui complète : « pour le plus grand bonheur d’Altran et du donneur d’ordres ». Car, répète la centrale syndicale : « « On » nous répète que réclamer les heures supplémentaires, pour les cadres, ne se fait pas : c’est ringard. » Quelle ringardise effectivement que de respecter la loi dans un état de droit.

Pour ce début d’année, les camarades d’Altran souhaitent donc à leurs collègues une année 2011 où serait déclarée chaque heure faite en plus. Comment ? En utilisant le logiciel Minos qui flique jour après jour le travail des ingénieurs. Ils y notent leurs moindres faits et gestes comme : « nom du Projet en Cours, Prospection/Qualification/Visite Médicale, Formation », etc. Mais aucune case pour « heure supplémentaire ». Alors la CGT a la solution : « déclarer le nombre et la nature dans la case « Commentaires » » dans Minos.

Les heures supplémentaires non déclarées constituent un fléau social où l’on vole du temps aux salariés. L’inspecteur du Travail Filoche parle même de « délinquance patronale » « le nombre d’heures supplémentaires impayées dans ce pays, c’est probablement un milliard« , estime-t-il. Et les cadres de SSII doivent faire partie des plus généreux donateurs d’heures supp’.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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