Un rapport accablant pour les ingénieurs français

Des ingénieurs découvrant que le Code du Travail est accessible sur le net. Et qu'elle n'est pas leur surprise à la vue des protections auxquelles ils ont droit !

La semaine dernière, Emmanuel Sartorius a remis son « Rapport sur les sociétés françaises d’ingénierie et de conseils en technologie » (cf l’article de L’Usine nouvelle : « L’ingénierie française en quête de respect »). L’ingénieur général des Mines pointe un système de sous-traitance qui conduit à la dégradation des conditions de travail pour les ingénieurs.

Le Ministre Besson en charge de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique a donc reçu le 8 février dernier un rapport accablant pour l’ingénierie française. Et la sous-traitance, souvent en cascade, en ressort, dans ses conditions actuelles, comme un schéma  néfaste pour les salariés. Ainsi, dans « le Top 20 des donneurs d’ordres », on retrouve pèle-mêle le ministère de la défense, Thalès, Renault-Nissan, EADS, Areva, la SNCF, etc. Leurs sous-traitants réguliers sont, entre autre, Akka Technologies, Alten, Altran, Assystem, SII, Segula Technologies, etc. Autant dire que les SSII ont une place de choix.

Comme je l’explique dans le livre, si les SSII ont appliqué un modèle du moins-disant social, c’est en grande partie pour répondre à la flexibilité et à la baisse des coûts demandés par leurs donneurs d’ordre. Emmanuel Sartorius pointe ainsi plusieurs « difficultés générales de la sous-traitance » parmi lesquelles les « menaces permanentes de rupture de contrat », le « non respect des clauses contractuelles », l’« obligation de fournir des jours de prestations gratuits » ou encore les « marges arrières ».

Dans un tel cadre, l’auteur du rapport parle, dans son chapitre « Gestion du personnel », de choses déjà prouvées dans le livre . Ainsi, ce qu’il appelle « le portage » qui n’est d’autre que l’illégale mise en régie qui a « toujours fait partie d’une règle du jeu non-écrite ». Pour Emmanuel Sartorius, les sociétés d’ingénierie « ont toujours eu un rapport ambigu au code du travail. »

Si les conclusions du rapport sont plus en faveur à un assouplissement de la loi plutôt qu’à un retour rigoureux de celle-ci dans le seul but de protéger le salarié, l’ingénieur général des Mines a au moins le mérite de donner un instantané d’un système industriel en perdition.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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