LeMonde.fr : « Vers une précarisation par le haut » des informaticiens ?

La rubrique Technologie du site LeMonde.fr vient de réaliser une enquête sur les conditions de travail des ingénieurs informaticiens : « Vers une précarisation par le haut des informaticiens ? »

Le journaliste, Damien Leloup, s’est en partie appuyé sur le livre en y ajoutant les témoignages d’autres ingénieurs, qui confirment ce que j’y dénonce. Il a eu l’honneur d’avoir l’avis du Syntec numérique, le syndicat patronal du secteur qui n’a jamais souhaité me répondre. Je vous laisse goûter leur discours dont la pépite concerne la mise en régie.

D’après Philippe Tavernier, président de la Commission social, emploi, formation et vice-président du Syntec numérique, elle est « toute à fait légale ». « Pour prendre un point de comparaison, lorsqu’un plombier vient chez vous pour réparer votre salle de bain, il est salarié d’une entreprise de plomberie ; si vous, le client, lui demandez de placer un robinet dix centimètres plus haut, est-ce que vous êtes dans l’illégalité ? Je ne le crois pas. », tente-t-il d’expliquer. Monsieur Tavernier ne semble donc pas au point sur le Code du Travail et  ne fait pas la différence entre un contrat de vente issu d’un service et un contrat de travail dans le cadre de la sous-traitance...

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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2 commentaires pour LeMonde.fr : « Vers une précarisation par le haut » des informaticiens ?

  1. LECOMTE Vincent dit :

    J’en profite pour rebondir également sur à la dernière citation de M. Tavernier dans l’article du Monde qui préconise un assouplissement des durées de contrat pour le bien des caisses de l’état :
    « Les SSII embauchent en CDI : lorsque les clients finaux sont en difficulté et ne renouvellent pas leurs contrats, les salariés risquent d’être licenciés. Ce n’est pas bon pour l’entreprise, et ce n’est pas bon non plus pour les caisses de l’Etat »

    C’est tout bonnement absurde. L’innovation et la compétitivité des entreprises est souvent forcée par les périodes de baisse d’activité. Lors de ces périodes difficiles, une entreprise voit une partie de sa masse salariale devenir improductive. La solution des entreprises matures est de la rentabiliser en la faisant participer à des chantiers d’amélioration (c’est un des principes du LEAN, pourtant décrié dans d’autres articles). Ainsi, une difficulté est transformée en opportunité d’amélioration (ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort… n’est-ce pas…)
    Du coup, en supprimant ces périodes moins productives en apparence, on supprime surtout l’amélioration, ce qui est très mauvais pour la compétitivité des entreprises et donc des caisse de l’état…
    Il est important que les entreprises apprennent à utiliser leurs forces vives et non à les voir uniquement comme de la main d’œuvre…

    M. Tavernier semble avoir bien mal compris les enjeux d’une vision d’entreprise à long terme…

    D’ailleurs, la comparaison que M. Tavernier utilise maladroitement peut être approfondie pour finalement révéler la situation aberrante de certains ingénieurs « en régie ».
    Un plombier intervient sur la base d’un devis. Il vend une obligation de résultat en toute connaissance des besoins du client qui sont clairement stipulés. Si ces besoins évoluent, le plombier est libre de juger si cela impacte sa charge et nécessite une réévaluation du devis ou non.
    Dans le contexte SSII en « régie », il est rare que l’ingénieur participe au « devis » des travaux. C’est généralement le commercial qui s’en est chargé pour lui…
    Il n’y a bien souvent pas d’objectifs de résultat clair, car les activités sont susceptibles de changer fréquemment. On retrouve plus souvent un contexte comparable à du prêt de main d’œuvre. Or un plombier, lui, base son contrat sur l’activité qu’il doit réaliser et non sur les jours qu’il passera chez le client, au bon vouloir de celui-ci.

  2. L’article du Monde est vraiment très bon, et les réponses du Syntec totalement déplacées, et pas du tout à la hauteur de la situation.

    JFR

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