Le Syntec numérique n’est bon qu’à communiquer

Le Syntec numérique cherche encore comment il va communiquer pour changer l'image des SSII

Le Syntec numérique continue à répandre sur le net qu’il va mieux communiquer sur les SSII pour faire changer leur image. Une façon de mieux dissimuler les nombreux reculs sociaux que contient la convention Syntec, à l’image de l’article 8.

« Comment rattraper le déficit image SSII ? Comment améliorer leur attractivité ?… », se demande Olivier Vallet, le président du Collège SSII du Syntec numérique. S’il avoue au site Internet Silicondsi.fr (cf « Les SSII en quête d’une meilleure image ») que son « Collège » est en phase de « réflexion pour préparer les arguments et mettre en place un plan et un budget de communication adaptés », il continue à se répandre sur le net en communiquant sur… de la communication (cf « Le Syntec numérique veut changer l’emballage des SSII »).

Le syndicat patronal devra effectivement mettre pas mal de moyens pour cacher l’une des pires conventions collectives du pays : la convention Syntec. Dedans on y trouve tout un tas de passages optant pour le moins disant social. Comme cet article 8 que la CNT a la bonne idée de mettre au jour (cf « Le refus de mission et l’article 8 du Syntec »).

En SSII, un ingénieur se doit d’être rentable. Le jour où sa mission s’arrête, il se retrouve en intercontrat – une invention des SSII qui n’a aucun fondement juridique – et son commercial va tenter de le remettre en selle le plus rapidement possible. Le Syntec numérique a pensé à tout et va lui faciliter la tâche avec l’article 8.

« Si par suite de circonstance particulières résultant de la situation du travail dans l’entreprise, un salarié se trouve amené à assumer temporairement, dans des conditions de durée précisées à l’avance par écrit, n’excédant pas six mois, et sans diminution de sa classification, ni diminution de ses appointements, une fonction inférieure à celle qu’il assume habituellement, le refus de l’intéressé d’accepter cette fonction temporaire équivaut à une démission de sa part », est-il écrit dans la convention Syntec.

Un ingénieur (bac+5) peut ainsi assumer « une fonction inférieure » dans l’entreprise sans le moindre problème. On a là encore l’exemple parfait du laboratoire social du patronat dont je parle dans le livre avec ce grand rêve du Medef qui aimerait des salariés interchangeables au gré des contrats. Avec cet article 8, si l’ingénieur refuse la mission « inférieure », il ne sera pas viré mais considéré comme démissionnaire !

Voilà donc l’un des nombreux exemples hallucinants de cette convention Syntec. Au lieu de faire une débauche de moyens pour de futures campagnes de communication fumeuses, le Syntec numérique devrait enfin prendre ses responsabilités car « nous saurons tous que sa politique sociale n’est qu’un retour au 19ème siècle », conclu la CNT. Je n’aurais pas dit mieux.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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