Assystem, la SSII dirigée par des prestataires

Jeu : découvrez les trois erreurs qui figurent sur cette photo de dirigeants d'Assystem.

« Banco ! » pour les dirigeants d’Assystem sur l’exercice 2010. Ils ont été grassement rémunérés, prélude au « nouveau chemin vers la croissance », slogan affiché sur son site Internet (« A new path to growth »). Un chemin tortueux où le patron n’est même pas rémunéré par l’entreprise qu’il dirige !

Que les salariés d’Assystem Toulouse se soient mis pour la première fois en grève le 22 février dernier, vous n’en trouverez aucune trace dans le document de référence 2010 d’Assystem. Ni que la direction leur proposait seulement 2% d’augmentation pour seulement 50% des salariés alors qu’ils n’ont touché qu’un intéressement moyen de 360€  en 2008 et 270€ de participation moyenne par an. Vous apprendrez en revanche que Dominique Louis, Président du directoire, a engrangé 150 000€ de rémunération fixe en 2010. Les membres du directoire du groupe sont mieux lotis. Gérard Brescon aligne 515 000€ (seuls 275 000€ lui ont déjà été versés) et Stéphane Aubarbier a reçu 300 000€ (sur les 560 000€ qu’il doit percevoir au total).

Le petit business du père Louis

Dominique Louis semble, à première vu, lésé avec ses maigres 150 000€. Il est quand même Président du Directoire, « l’organe décisionnaire de gestion et d’administration de la société », nous explique Assystem où « Dominique Louis (…) représente la société vis-à-vis des tiers ». Mais, même s’il est la tête de gondole du groupe, ce n’est pas Assystem qui le paie ! Ces 150 000€ lui sont versés par la société HDL SAS dont il est Président. HDL et sa filiale H2DA « fournissent au Groupe des prestations en matière de management, de gestion et d’organisation d’entreprises. » Et devinez qui est payé par H2DA ? Brescon Gérard et Aubarbier Stéphane, les gérants majoritaires de H2DA.

Les trois copains sont à la tête d’un petit commerce prospère. HDL qui officie dans les activités de sociétés de holding affichait un chiffre d’affaires (CA) de 3,1 millions d’euros en 2009 pour 1,8 million de résultat net. La même année, sa filiale H2DA annonçait 1,8 million de CA pour 220 000€ de résultat net. Assystem paie ces deux entités « par des honoraires comprenant une partie fixe d’un montant de 545 200 € en 2010 et une partie variable de 817 800 € en 2010 (à verser en 2011) », apprend-on encore. Ce petit pactole est, au préalable, « déterminé(…) par le Conseil de Surveillance sur proposition du Comité des rémunérations ». En tant que Président du Conseil de Surveillance, Michel Combes a donc son mot à dire sur les « honoraires » dus à HDL qui induisent une énième rémunération pour Dominique Louis. Le même Michel Combes qui est par ailleurs Directeur général de la Compagnie européenne pour la finance et l’industrie (CEFID), une entreprise dirigée par un certain Dominique Louis…

Si on ne connaît pas la rémunération de Combes à la CEFID, au Conseil de surveillance d’Assystem, il a émargé à 50 223€ sur les 313 145€ distribués aux membres du Conseil de surveillance. Celui qui a décroché la timbale a été Jean-Pierre Desgeorges avec 121 627€. Décédé le 30 décembre 2010, sa mission de lobbying dans le domaine du transport et de l’énergie a certainement été appréciée. Effectivement, Assystem s’engage clairement dans l’énergie en général et dans le nucléaire en particulier. Le 8 février 2011, elle a créé la co-entreprise « n-triple-a » qu’elle détient à 50/50 avec l’ingénieriste britannique Atkins. Préparant certainement la privatisation rampante du secteur de l’énergie en Europe, « cette alliance a vocation, en premier lieu, de répondre aux besoins des Etats et opérateurs d’électricité des pays souhaitant développer l’énergie nucléaire et offrir des prestations de conseil sur l’ensemble de la filière », se justifie le groupe.

Une bonne nouvelle pour Dominique Louis et comparses qui n’ont pas fini de vendre à Assystem moultes prestations de conseils en management très bien rémunérées. S’ils veulent maintenant être augmentés, les salariés d’Assystem n’ont plus qu’à postuler chez HDL.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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