Les cadres ont été moins augmentés que les ouvriers

DRL’Insee publie aujourd’hui son « Portrait social » de la France, outil indispensable pour prendre la mesure de l’ampleur des évolutions du pays. On y apprend, par exemple, qu’entre 1995 et 2009, les cadres ont été moins augmentés que les ouvriers.

Tous les ans, l’Insee publie le « Portrait social » de la France (consultable ici et téléchargeable sur son site), l’occasion de faire le point sur la démographie, les conditions de vie ou encore l’emploi et les salaires. Côté emploi, c’est bien la précarité qui est mise en avant avec une belle envolée de l’intérim et le recul des CDI. Côté revenus, les inégalités sont criantes avec des plus riches qui se sont enrichis, notamment, avec l’effet d’aubaine de l’allègement de l’impôt sur le revenu.

L’anarchie en SSII

Au chapitre « Salaires et niveaux de vie », l’Insee fait le point sur les revenus des différentes catégories professionnelles. L’institut réparti ainsi les diverses catégories selon leurs revenus de 2009 : les employés ont en moyenne perçu 13 064 € ; les ouvriers : 14 325 € ; les professions intermédiaires : 21 516 € et les « cadres, dirigeants de société salariés et professions intellectuelles » ont perçu en moyenne 38 553 € euros.

Si en SSII, la grande majorité des salariés ont le statut cadre, une grande partie d’entre eux relativement jeunes gagnent moins des 38 553€, les salaires d’entrée annoncées par le patronat étant autour de 30 000€. Officiellement. Car un jeune qui ne saura pas se défendre en entretien risque de gagner moins, les témoignages sont réguliers sur le sujet. Bref, l’anarchie salariale qui règne en SSII ne permet pas de coller précisément à la nomenclature de l’Insee. D’ailleurs, les patrons de SSII sont des grands rebelles, car au vu de leur gestion des ressources humaines, les SSII ne collent pas non plus à la nomenclature de l’Apec (à lire ici).

Les cadres ont perdu du salaire

Si malgré leur statut cadre, nombres de salariés de SSII sont plus proches des « professions intermédiaires » en termes de salaires, pour ne pas froisser le patronat numérique, nous partirons du postulat qu’ils sont bel et bien cadre avec leurs 38 553€  d’émoluments annuels moyens.

L’Inse nous apprend alors que : « entre 1995 et 2009, le revenu salarial a globalement augmenté en euros constants pour toutes les catégories socioprofessionnelles ». Mais, c’est chez les ouvriers que la hausse aura été la plus forte : +1,1% en rythme annuel. Pour les professions intermédiaires, cette augmentation annuelle n’aura été que de 0,4% et +0,5% par an pour les cadres.

Des cadres qui ont subi la crise de plein fouet comme l’explique l’Insse : « suite à la crise, leur revenu salarial moyen a baissé de 1,5 % en 2009, en lien avec la baisse de la part variable du salaire. » L’institut confirme-là que les primes, intéressement et autres participations n’ont fait que de diminuer. Les cadres de SSII peuvent le confirmer.

Salaire horaire en retard

Enfin, on apprend que les inégalités de revenu salarial des cadres ont « sensiblement diminué » entre 1995 et 2009. Ils ont effectivement travailler plus en termes de nombres de jours en emploi « pour les temps complets qui travaillent une partie de l’année seulement » et il y a eu une « augmentation sensible de la quotité de travail pour les temps partiels ». Le talon d’Achille salarial des cadres restent leur salaire horaire où les inégalités stagnent depuis 1995.

Le patronat pourra toujours objecter qu’un cadre gagne toujours plus qu’un ouvrier. C’est indéniable. Mais, ce que relève l’Insee, c’est que les revenus des cadres tendent à stagner. Si à cela, on ajoute leurs conditions de travail qui se dégradent, il n’y a qu’un pas pour créer une nouvelle catégorie dans la nomenclature de l’Insee : les cadres-ouvriers.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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3 commentaires pour Les cadres ont été moins augmentés que les ouvriers

  1. joel75 dit :

    Il n’est pas évident d’évaluer la situation globale de l’évolution des salaires en SSII, et ce pour de multiples raisons: il existe de grandes différences de salaires entre les salariés d’une même SSII, de plus avec la crise, toutes les SSII selon leur domaine de compétence, leur taille (…) ne sont pas impactées de la même façon par la crise. Plus d’informations à ce sujet sont données sur le site http://www.ssii-france.info . Bon courage à tous.

  2. Le problème de cette anarchie salariale en SSII est : quid de la convention Syntec ? Comme toute convention collective, elle normalise les métiers et notamment les salaires en fonction des diplômes du candidat, de son expérience, de son ancienneté, etc. Pourquoi tant de différences dans la réalité ? Des témoignages attestent que certains se voient proposer à peine plus que le Smic.

  3. Nicolas dit :

    Ne compare pas des pourcentages qui n’ont pas la même assiette !

    Une augment’ de 2 % n’est pas forcément plus forte qu’une augment’ d’1 %.

    La seule comparaison valable : les augment’ en euros.

    Une augment’ de 150 € est une hausse plus forte qu’une augment’ de 100 €.

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