En pleine « Apocalypse » financière, le patron du Syntec numérique ne craint pas d’être « impopulaire »

DRLa crise financière mondiale qui fait trembler la planète Finance avec ses répercussions sociales inhérentes fait dire à certains que c’est « l’Apocalypse » qui s’annonce. Guy Mamou-Mani, le président du Syntec numérique, qui poursuit sa propagande auprès des politiques, n’en a cure. A court terme, il accepte même d’être « impopulaire ».

« Il faudrait peut-être parler des vrais sujets (…). Les bonus, c’est bien gentil, mais je crois que vous ne vous rendez pas compte que d’ici deux jours, ou une semaine, notre monde pourrait disparaître. C’est Armageddon ». Le 30 novembre dernier, Jean-Pierre Mustier n’est pas allé par quatre chemins lors d’une journée-débats sur l’innovation financière responsable à l’Ecole des Mines (Challenges – 05/12/2011. A lire ici). L’ancien patron du Jérôme Kerviel, le trader qui avait fait perdre 5 milliards d’euros à la Société Générale, officie maintenant à Unicredit dans la branche Banque de Financement et d’Investissement (BFI). Depuis ses propos notre monde existe toujours mais avec quelques soubresauts dont les SSII ne sont pas épargnées.

Capgemini dans le (Logi)caca

Et aujourd’hui, sans tout de même parler d’Apocalypse, une SSII vient de se faire remarquer  entraînant ses concurrentes dans la régression boursière. Ainsi, Logica vient d’annoncer un plan de restructuration avec la suppression de 1 300 emplois à la clé. La raison invoquée par la société de services ? « la dégradation des conditions du marché en Europe », comme le rapporte Les Echos (14/12/2011. A lire ici).

Une information qui n’a pas tardé à se concrétiser à la Bourse : Capgemini accuse la plus forte baisse du CAC40 ce matin. A 13h45, son titre perdait toujours 3,5% (à 24,87€) à Paris pendant que celle de Logica chutait de 15,6% à Londres. « C’est un effet boule de neige », explique un analyste au journal Les Echos qui anticipe : « Logica a mis en garde contre les difficultés du marché. Comme c’est un concurrent direct de Capgemini, on craint que Capgemini ne doive prendre de nouvelles mesures de restructuration ».

Capgemini reste d’une discrétion de violette sur le sujet même si les salariés doivent commencer à sentir l’odeur nauséabonde des restructurations. Paul Hermelin, le patron du groupe, a indiqué, lors de la publication de son chiffre d’affaires du troisième trimestre,  « que le groupe réduirait les embauches au quatrième trimestre par mesure de précaution face aux incertitudes sur l’évolution de la situation économique », rapporte le journal économique lui-même en pleine tourmente (à lire ici).

Stéria en passe d’être mangée ?

Dans la conjoncture actuelle, les doutes semblent planés du côté de Stéria. Ainsi, Boursier.com annonce que Stéria est « comme ses confrères, (…) actuellement fragilisée par le manque de visibilité caractérisant 2012. » (Boursier.com – 12/12/2011). Malgré « la forte progression des prises de commandes sur la période estivale », « la profitabilité (qui) est demeurée étale en dépit de la difficulté à remonter les prix de vente » au premier semestre, l’anticipation d’« une croissance des ventes de 3 à 4% » et « la marge opérationnelle courante (qui) ressortirait au moins égale à celle de 2010 », le site boursier n’hésite pas à pointer LA faiblesse de la SSII : « On n’oubliera pas un capital très ouvert qui pourrait donner des idées à un concurrent ayant un peu d’appétit… » Les affamés ne vont donc peut-être pas tarder à sortir du bois.

L’ogre Akka a toujours autant d’appétit

Heureusement, les bonnes nouvelles existent grâce à Akka Technologies qui fait preuve d’une certaine boulimie ces derniers temps. Après le rachat d’Aéroconseil, voila que l’ogre technologique se renforce dans l’automobile en engloutissant MBtech, la filiale ingénierie de Daimler-Benz. Akka va acheter 65% de ladite filiale sans en divulguer le prix (Les Echos – 09/12/2011). Le groupe lyonnais va ainsi passer de 7 000 à 10 000 ingénieurs renforçant sa présence en Europe, en Amérique du Nord et en Chine. Son chiffre d’affaires devrait « grimper à 900 millions d’euros par an, contre 545 attendus fin 2011. »  Mais, il n’est pas sûr que les salariés vont voir leurs conditions s’améliorer (à lire ici).

Le patron du Syntec numérique fait son numéro

Dans cette actualité morose, il y en a un qui n’a pas perdu de sa grandiloquence. Le patron du Syntec numérique, Guy Mamou-Mani himself, a fait son cinéma devant les représentants numériques des candidats UMP et PS aux présidentielles. Un numéro dont il est désormais coutumier (à lire ici). Alors qu’on l’attend plutôt à défendre l’intérêt de la profession avec la crise qui sévit, il préfère poursuivre sa propagande en vue des prochaines échéances électorales.

Pendant un débat organisé par l’Electronic Business Group (EBG), Guy Mamou-Mani et l’un de ses copains du MEDEF ont fait « valoir leurs marottes habituelles », à savoir : « Trop de timidité, trop de taxes, pas assez de libéralisation… », comme le rapporte 01Net (25/11/2011).

« Dans toutes les études qui sont faites actuellement, la France se situe dans le peloton de tête du haut débit, mais reste en queue sur les usages économiques d’internet et du numérique », s’est plaint le patron du Syntec numérique devant les deux politiques. D’après lui, il y a un manque de courage politique en la matière en refusant « la dématérialisation à grande échelle en raison de la centaine de milliers d’emplois qu’elle détruirait ». Et, droit dans ses bottes, il leur a lancé : « Il faut accepter à court terme d’être impopulaire. Et je veux bien reconnaître qu’avec un programme comme celui-là, je ne pourrai jamais me faire élire comme Président de la république. »

Les représentants des candidats vont donc certainement suivre son conseil. Mais cette saillie verbale tombe un peu à plat face aux défis auxquels doit faire face la profession. En tout cas, il n’est pas sûr que de tels propos renforce sa popularité auprès des membres du Syntec numérique.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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Un commentaire pour En pleine « Apocalypse » financière, le patron du Syntec numérique ne craint pas d’être « impopulaire »

  1. Nicolas dit :

    « Heureusement, les bonnes nouvelles existent … »

    Une bonne nouvelle ? Le constructeur automobile Mercedes qui vend 65 % de sa filiale ingénierie à une SSII, et une des pires. C’est dégueulasse, oui !

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