Mamounimous piège une journaliste de France-Inter

Mamounimous et sa clique d'Anonymous patronaux

Aujourd’hui, France-Inter consacre une partie de ses émissions à l’élection présidentielle avec comme thème : « faut-il augmenter le temps de travail à 37h? » Pour cela, l’équipe du 7/9 de la radio publique est allé interviewé un patron d’une société de services informatiques. Et, pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Groupe Open. Guy Mamou-Mani y est présenté comme son co-président (chronique à écouter ici). En véritable Aonymous patronal, il a caché son mandat syndical à son interlocutrice, la journaliste Marion L’Hour, qui semble ne pas savoir qu’il est surtout président du Syntec numérique, soit LE représentant de toute une profession : les patrons du numérique. Bien caché derrière son masque, Mamounimous a réussi encore une fois une belle opération médiatique.

On y apprend d’abord que Mamounimous rencontre les candidats à l’élection présidentielle. Marion L’Hour, sa victime du jour, l’a retrouvé campé « derrière son bureau » alors qu’ « il y a peu, il a participé à une discussion avec Hervé Morin, promoteur des 37 heures. Mais quand on évoque cette mesure, le patron s’enflamme », explique la journaliste inconsciente du piège dans lequel elle vient de tomber. «Ces gens-là ont des propositions à l’emporte-pièce ! Personne n’imagine ce que ça veut dire pour notre industrie. D’ailleurs, personne ne nous a posé la question, ils ont d’autres préoccupations. Or, notre industrie devrait être une de leur première préoccupation », brûle-t-il avant de lâcher, incandescent : « C’est celle qui crée le plus d’emplois ».

Mamounimous assène des contre-vérités

Mamounimous reste persuadé que son secteur est LE plus performant créant le plus d’emplois. Une donnée à relativiser quand on voit comment il triture les chiffres officiels pour parer l’informatique de toutes les vertus (à lire ici). Mais, au micro de la journaliste d’Inter, il ne se vante pas de la gestion douteuse des ressources humaines dans les sociétés qu’il représente au Syntec numérique (à lire ici). Et encore moins de la pitoyable gestion de ses propres salariés qu’il a utilisé comme de véritables variables d’ajustement au sein de Groupe Open (à lire ici et aussi ). Mais Mamounimous n’en est pas à son coup d’essai car il est connu pour  faire régulièrement son cinéma sur le sujet (à lire ici).

Mamounimous et sa clique du patronat informatique n’a qu’un objectif : réduire à néant l’actuel Code du travail. Ainsi, dans son commentaire, la journaliste répète ce qu’elle semble avoir entendu lors de sa rencontre avec Guy Mamou-Mani : « Groupe Open emploie surtout des cadres sans horaires fixes ». Une légende qui voudrait qu’un cadre travaille complètement en dehors des clous du Code du travail, ne comptant jamais ses heures. C’est faux ! D’ailleurs, pourquoi donc venir dans une société employant majoritairement des cadres pour parler temps de travail s’ils sont censés n’en respecté aucun ? Rappelons que le temps légal en France est de 35 heures par semaine, annualisé et qu’il peut y avoir des pics à 48 heures hebdomadaires. À aucun moment, un cadre n’a à travailler 50 ou même 60 heures par semaine. Pour cela, le cadre doit se référer à la convention collective de son entreprise et à son contrat de travail où tout doit être stipulé dans le détail.

Où sont les informaticiens chez Groupe Open ?

La chronique se poursuit par l’interview de salariés de chez Groupe Open où, rappelons-le, la majorité sont des ingénieurs informatique. Pourtant, nous n’aurons droit qu’aux réactions de Stéphanie la standardiste et Aurélie la cadre au service communication. Si leurs propos sur la semaine de travail à 37 heures sont intéressants, il aurait été utile d’avoir le sentiment de ces cadres informatiques, a priori concernés par le sujet tourné dans une société de services informatiques. Cela aurait été peut-être l’occasion pour les auditeurs d’Inter d’apprendre que certains sont placés en régie chez le client, procédé illégal au regard du Code du travail. Certains même auraient pu parler de leurs nombreux collègues poussés vers la sortie ces dernières années sans qu’il y ait eu un plan de sauvegarde de l’emploi. Le temps de travail des salariés restant a certainement dû changer un peu.

La conclusion est laissée à Mamounimous : « Le signal (sur la semaine à 37 heures, NDLR) que Monsieur Morin a voulu donner, je pense qu’il est bon. Il veut dire : si on veut aujourd’hui diminuer nos dettes, augmenter les salaires, on a besoin de travailler plus. » Le débat est contenu avec le délégué CGT de Groupe Open : « Une croissance bien répartie, ça passe nécessairement par élargir l’assiette des embauches donc plutôt diminuer la durée du travail. Après laissons le choix aux différents secteurs de pouvoir négocier dans le sens de la baisse entre 31, 32 jusqu’à 34 (heures, NDLR). » La journaliste conclut alors : « Le syndicaliste et son patron s’accordent sur un seul point : plutôt qu’une durée imposée par l’État, ils préfèrent négocier par branche. On se rapproche un peu de ce que prévoit Nicolas Sarkozy. » Et voilà l’affaire rondement menée par Mamounimous, président du Syntec numérique, sa fonction la plus médiatique.

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A propos Nicolas Séné

Nicolas Séné, journaliste indépendant spécialisé dans les questions sociales, a recueilli une foule de témoignages. Il démontre, exemples vécus à l’appui, comment les cadres des SSII sombrent d’année en année dans un marasme professionnel, moral et personnel de plus en plus profond. Un malaise nouveau, typique du capitalisme actuel, dont personne ne semble avoir encore pris la mesure.
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9 commentaires pour Mamounimous piège une journaliste de France-Inter

  1. KrisK dit :

    Et pendant ce temps, Groupe Open poursuit sa politique RH désastreuse qui enchaîne licenciements (PSE déguisé en 2009) et recrutements : une SSII (comme beaucoup d’autres) incapable de gérer sa croissance sur le long-terme…

    Au final la SSII recrute pour combler le turnover (http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-ssii-open-recherche-700-informaticiens-en-2012-47739.html) mais les effectifs continuent malgré tout à diminuer : http://www.zdnet.fr/actualites/ssii-groupe-open-recrute-mais-l-effectif-productif-decline-39768158.htm

    Une petite recherche jurisprudentielle nous montre aussi que Groupe Open multiplie les condamnations (surtout pour licenciements abusifs) depuis plusieurs années :
    CA Paris – PÔLE 06 CH. 10 – 09/05817 – 21 juin 2011
    CA Orléans – 10/02997 – 05 avril 2011
    CA Paris – PÔLE 06 CH. 10 – 09/03936 – 25 janvier 2011
    CA Lyon – CH. SOCIALE A – 10/08608 – 16 novembre 2010
    CA Paris – PÔLE 06 CH. 07 – 09/01029 – 28 octobre 2010
    CA Lyon – CH. SOCIALE A – 10/00404 – 09 juillet 2010 6
    CA Paris – PÔLE 06 CH. 08 – 08/11550 – 01 juillet 2010
    CA LYON – 07/03736 – 18 mars 2008 (après suicide d’un salarié)

    De plus, l’ambiance n’est pas au beau fixe chez les salariés… pour s’en rendre compte :
    * http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lomme_Lambersart/actualite/Lomme_Lambersart/2010/10/15/article_greve-chez-open-une-sii-de-lambersart-60.shtml (grève de salariés à Lambersart en oct.2010)
    * http://www.soc-etudes.cgt.fr/html/load_doc_focus/index.php?doc=/documents/BROCHURE5_PORTRAITSDEMARC_DEC2010.pdf (chronique syndicale des « Cahiers de Marc »)

    Et après on entend M. MAMOU-MANI s’insurger contre l’image d’intérim qui colle aux SSII et à sa société en particulier… malheureusement c’est bien plus qu’une image, c’est l’âpre réalité !!!

  2. L'Hour dit :

    Bonjour,

    je suis la journaliste auteure de ce « banc d’essai ».
    Plusieurs informations en réponse à votre papier.

    – j’étais au courant de la fonction de Guy Mamoumani comme président de Syntec numérique. Mais en l’occurence il s’agit dans ce reportage d’illustrer une mesure, de donner un exemple d’application possible concernant une mesure proposée par un candidat à la présidentielle…pas de faire le point sur un secteur. Du coup sa « casquette » syndicale n’était pas mon sujet. Autrement dit je l’interviewe en tant que patron. Peu importe en l’occurence qu’il soit patron des patrons.

    – Concernant sa gestion des ressources humaines, ça pourrait/devrait évidemment faire l’objet d’un autre sujet. Mais là encore, pour CE reportagel-là l’idée n’est pas de faire un état des lieux du Groupe Open, mais de tester les éventuelles conséquences de la mise en place des 37h dans une entreprise.

    – Sur le temps de travail des cadres, évidemment des limites sont posées par la convention collective. Mais reconnaissons qu’il est plus « élastique » que celui d’un employé ou d’un ouvrier. D’où la difficulté de mettre en place une durée hebdomadaire du travail (35, 37,32 heures…) Sans pour autant que ce soit une bonne ou mauvaise chose, mon travail n’est pas de prendre position là-dessus.

    – Quant aux salariés interrogés, j’ai parlé avec ceux qui ont bien voulu me répondre. Peut-être les informaticiens étaient ils timides, en déplacement, ou « en régie » comme vous dites. Quoiqu’il en soit mon sujet n’est pas là. Et le représentant CGT que j’ai interviewé n’a pas jugé nécessaire de me signaler les placements en régie ni les suppressions de postes. Il a effectivement parlé du turnover important, mais qui n’a pas de rapport direct avec la mesure sur laquelle je devais travailler.
    Encore une fois, l’objet de ce « banc d’essai » n’est pas de faire un procès ou un éloge du groupe Open, ni une enquête probablement passionnante sur ses pratiques. Mais d’essayer de comprendre comment s’appliquerait concrètement la semaine de 37h dans une entreprise.

    Je reste à votre disposition. N’hésitez pas à me transmettre des informations pour un éventuel futur reportage sur les dérives des sociétés informatiques. Un tout autre sujet que celui que j’ai eu pour mission de traiter.

    Bien cordialement

    • Bonjour,

      D’abord, qu’une chose soit claire : je ne remets nullement votre travail en cause. Étant moi-même auditeur assidu de France-Inter, je reconnais la qualité de vos émissions.
      Ce qui reste gênant, c’est que Guy Mamou-Mani n’est pas un patron comme les autres quand il parle dans les médias. Son mandat comme Président du Syntec numérique lui donne une autre épaisseur. Tout comme Bernard Thibault n’est pas un syndicaliste comme les autres ou qu’un homme ou une femme politique de premier plan n’est pas un(e) militant(e) de base.
      Encore une fois, Guy Mamou-Mani joue toujours sur tous les tableaux avec un discours qui mérite d’être décortiqué. Qu’il le veuille ou non, c’est la tête de gondole du patronat informatique, et ce, jusqu’à la fin de son mandat.

      Pour ce qui est des informations sur les sociétés de services informatiques, il y a beaucoup à dire. Ce blog et les commentaires de salariés peuvent être une porte d’entrée pour appréhender ce secteur en complément des sites et presse spécialisés.

      Cordialement.

  3. Régis dit :

    « C’est celle qui crée le plus d’emplois”.

    => Foutaise… M. Mamou-Mani continue visiblement à prendre ses désirs pour des réalités sur le sujet de l’emploi IT !
    Avec en moyenne 10 000 créations d’emplois nettes/an, les services informatiques créent moins d’emplois que beaucoup d’autres secteurs (ex. distribution, transports, banque jusqu’à 2008…)
    Quant à l’industrie du logiciel, elle n’en crée quasiment plus…
    A lire : http://munci.org/L-industrie-du-logiciel-n-est-quasiment-plus-creatrice-d-emplois-en-France

  4. L'Hour dit :

    Sauf que Syntec Numérique et CGT n’ont pas le même poids. Pour utiliser une expression un peu triviale, ils ne « jouent pas dans la même catégorie ». Testez l’expression auprès de vos amis qui ne travaillent pas dans l’informatique et le numérique… Je doute que le Syntec numérique leur dise quelque chose…la CGT si. Même chose pour la majorité de nos auditeurs.

    Ce que je veux dire, c’est qu’en l’occurence, le fait que M. Mamoumani soit président du Syntec numérique m’importe peu. Pour le reportage que je réalise, ça ne change rien.

    Quant aux propos de M. Mamoumani sur les créations d’emploi, je les lui laisse, comme on peut laisser un politique tenir des propos sur notre antenne, qui n’engagent que lui. C’est SA position. Libre à vous (et à moi) de ne pas être d’accord.

    Merci de votre intérêt et de votre écoute, mais dans l’affaire je ne m’estime ni « victime » ni « piégée ».
    J’ai simplement traité un « angle » (l’application des 37 heures) sans rapport avec la précarité de la profession et ses conditions de travail difficiles, certainement bien réelles mais pas pertinentes pour cette mesure politique-là.

    Sur ce sujet intéressant par ailleurs, n’hésitez-pas à me communiquer des informations à l’avenir.

    Merci de votre écoute attentive

    • Sebaginous dit :

      Bonsoir,

      Nicolas Séné a l’habitude d’être très en verve concernant le sujet des ssii,
      donc je ne pense pas qu’il faille prendre les termes « victime » et « piégée » au
      premier degré 😉
      En fait là où Mr Mamou Mani a péché par omission, c’est sur le fait même de
      la pertinence de ses « 37heures » dans le secteur informatique. En effet, la
      grande majorité des heures supplémentaires ne sont de toute façon pas
      rémunérées. Et le rapport de la DARES mentionne que la durée de travail
      moyenne est supérieure à 35h :
      http://www.developpez.net/forums/d1166117/emploi-etudes-informatique/emploi/moitie-employes-l-it-travaillent-plus-40-heures-semaine/
      Si vous avez besoin d’informations complémentaires, n’hésitez pas, je
      commence à avoir un dossier de plusieurs tonnes 😉 (en fait 8.3kg à ce jour,
      ça fait un beau bébé)
      Exemple : En lisant les différents rapports semestriels des entreprises à
      l’AMF, on constate que ce sont principalement les ssii qui provisionnent le
      plus au cas où il y ai des procédures prud’hommes.

  5. @L’Hour : il me semble que vous avez fait un contre sens quand vous dites : “Le syndicaliste et son patron s’accordent sur un seul point : plutôt qu’une durée imposée par l’État, ils préfèrent négocier par branche. On se rapproche un peu de ce que prévoit Nicolas Sarkozy.”

    Nicolas Sarkozy a déclaré dans le Figaro magazine : « Ce qui fut le plus nocif dans ce système [celui des 35 heures], c’est son caractère général, autoritaire et déconnecté de la vie des entreprises! Ce fut une idée destructrice que de passer toutes les entreprises sous la même toise, quel que soit leur secteur ou l’état de leur carnet de commandes. La vraie réponse consiste à dire: si, dans l’entreprise, les salariés et le chef d’entreprise se mettent d’accord sur l’emploi, le salaire et la flexibilité, alors leur accord sera autorisé par la loi et primera sur le contrat de travail individuel. »

    Il me semble que ce que souhaite Nicolas Sarkozy, c’est que l’accord d’entreprise prime sur la loi. Car sinon, comment passer en dessous des 35 heures sans changer la loi si ce n’est en revenant sur la hiérarchie des normes ?

    De plus, ce n’est pas la même chose de dire comme le syndicaliste qu’on peut négocier, par BRANCHE, une BAISSE de la durée du travail par rapport la durée légale (35h) et comme Nicolas Sarkozy qu’on peut négocier par ENTREPRISE, une HAUSSE. Dans un cas, on a un accord de branche plus favorable que la loi. Dans le second, on a un accord d’entreprise, moins favorable, ce qui est contraire à la hiérarchie des normes.

  6. Sebaginous dit :

    concernant la timidité des informaticiens, c’est un cliché
    en effet, la plupart sont plutôt désabusés, Mr Mamou Mani ne voulait peut être pas qu’il arrive des témoignages comme celui-ci (trouvé sur un forum internet) :

    « J’adhère complétement au rapport de pôle emploi.

    Pour ma part, j’ai la chance de quitter le monde des SSII au début de l’année prochaine, alélouya. J’en ai clairement marre de devoir réaliser un boulot bâclé tout ça à cause de la vision court-termiste de mes supérieurs, incompétents dans l’âme et complétement déconnectés des métiers de l’informatique.

    Chacun protège ses petits avantages, essaye de gratter un peu plus. Les bénéfices sont engloutis par des tonnes de ressources et charges non productives, au dépend du projet et de ceux qui se démènent pour que ça avance. Les rapports avec la hiérarchie comme avec les clients sont mauvais, on a plus intérêt à bluffer qu’a jouer franc jeu si on veut évoluer. Il vaut mieux maitriser la communication que de pondre du bon code pour espérer se faire augmenter, comme de toute façon les supérieurs n’y pipent rien.

    Profondément passionné par mon emploi, j’en arrive après deux ans en SSII à être dégouté du travail réalisé. Pas d’architecture/conception, on patche sans aucune vision d’avenir. Le code ressemble à une momie, à force d’ajouter des pansements à l’arrache. Les bonnes ressources fuient dés que possible et l’hémorragie est telle que le transfert de connaissance n’est plus effectué. La société se retrouve alors constamment à placer des ressources juniors pour boucher des trous béants laissé par des anciens collaborateurs plus expérimentés, et les premiers sont laissé à eux même au moment ou ils en ont le plus besoin.

    A côté de ça y a des gens qui se rincent sévère. J’ai vu des porsches et des rolex sur des gens qui ont à peine mon âge, alors qu’on n’a du mal à définir à quoi bon ils peuvent bien servir.

    On se demande alors ou est la logique dans un monde ou ceux qui en ont sué à lire des bouquins sur les template en anglais, se retrouvent avec un salaire d’à peine la moitié de ceux qui passent leur vie à bluffer au téléphone.

    Comme dirait l’autre sur canal +:

    Bref, j’ai bossé en SSII. »

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