Le chômage des cadres progresse plus vite

DRAlors que le candidat pas encore déclaré, Nicolas Sarkozy, veut organiser un référendum sur la prise en charge des demandeurs d’emploi, l’Insee publie « une photographie du marché du travail en 2010 ». Si le chômage touche toutes les classes sociales, c’est chez les cadres qu’il progresse le plus vite.

Cette semaine, la Une du Figaro Magazine annonce : « Mes valeurs pour la France » puis : « Travail, éducation, famille, laïcité. Le président s’engage. » Le chef de l’État veut ainsi organiser des référendums sur l’indemnisation des chômeurs et sur le droit des immigrés. Concernant le premier sujet, il explique : « Il faut engager un changement profond de notre organisation, une forme de révolution. Je propose de créer un nouveau système dans lequel l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l’emploi versera à chaque demandeur d’emploi en contrepartie de la formation qu’il devra suivre. Passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d’emploi devra choisir une formation qualifiante. A l’issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d’accepter la première offre d’emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé ».

Le fantasme du chômeur

Le fait même de prendre ces sujets renvoie les chômeurs et les immigrés au rôle de parias, accusés implicitement de profiter de la société. Un discours niant du même coup les phénomènes sociaux en cours. Les autres candidats à l’élection présidentielle ont fait part de leur stupeur. François Bayrou (Modem) a réagit : « Cibler les chômeurs, en faire un sujet d’affrontement au sein de la société française, comme s’ils étaient le problème et pas l’absence d’emploi, c’est une perte inacceptable du sens des responsabilités ». François Hollande (PS) renvoie au « prochain référendum, c’est l’élection présidentielle ». Éva Joly (EE-LV) dénonce le fait de « faire passer les chômeurs pour des fainéants », un procédé « scandaleux ». Enfin, Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) y trouve-là le « signal d’extrême droitisation » du président qui « appelle les gens à se haïr. C’est lamentable ».

La photographie du chômage

Au-delà du débat politique, le chômage est un vrai phénomène social ayant des causes et des effets. Pour ces derniers, l’Insee vient de publier « une photographie du marché du travail en 2010 » *. Il y a deux ans donc, « 28,3 millions de personnes de 15 ans ou plus vivant en France métropolitaine sont actives : 25,7 millions ont un emploi et 2,7 millions sont au chômage au sens du BIT » (définition en bas de cet article). L’Insee nous apprend que : « une personne en emploi sur deux est ouvrière (21,3%) ou employée (28,9%) et près de quatre personnes sur dix occupent une profession intermédiaire (23,3 %) ou sont cadres (15,1 %) ».

Ensuite, trois quarts des personnes en emploi (salarié ou non) sont employées dans le tertiaire. Et on retrouve essentiellement les cadres dans les activités financières, d’assurance et immobilières, l’information et communication. Ces derniers constituant, en quelque sorte, l’élite sociale du monde du travail n’échappent plus à la précarité à laquelle ils semblaient quelque peu préservés jusqu’ici. Si « le chômage touche plus durement les plus jeunes (22,9%des actifs de 15 à 24 ans), les ouvriers (13,5 %) et les moins diplômés (15,3 %) », l’Insse remarque que « depuis 2008, et surtout en 2009, la situation s’est sensiblement détériorée ». D’abord, le taux de chômage est passé de 7,4% en 2008 à 9,1% en 2009 (en novembre 2011, il s’établissait à 9,8% de la population active. Sources : Eurostat).

+36,6% pour le chômage des cadres

L’Insse analyse : « Avec respectivement 190 000 et 170 000 chômeurs supplémentaires par rapport à 2008, les ouvriers et les employés sont deux catégories sociales qui ont largement contribué à cette augmentation du chômage. » Avant de noter : « Mais c’est pour les cadres que le chômage a progressé le plus vite dans cette période : passant de 130 000 à 177 000 personnes, soit + 36,6 % entre 2008 et 2010, pour + 27,7 % chez les ouvriers et + 28,7 % chez les employés. »

Pour qui en doutait encore, le chômage est massif touchant toutes les couches de la population française. La situation est donc plus complexe que ne l’entend l’actuel chef de l’État en campagne pour « l’extrême-droitisation » des esprits. Dorénavant, des bac+5 fleurissent les rangs des chômeurs pointant à Pôle-Emploi. Et, eux aussi, en recherche active d’emploi, ils se passeraient bien des maigres allocations qu’ils touchent « passivement ».

*INSEE PREMIÈRE – N° 1391 – FÉVRIER 2012 (à consulter ici)
Une photographie du marché du travail en 2010
Depuis 2008, chômage et sous-emploi progressent
Anne Mansuy et Loup Wolff, division Emploi, Insee

Définitions Chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) : personne en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus) qui : 1/ n’a pas travaillé au cours de la semaine de référence ; 2/ est disponible pour travailler dans les deux semaines et 3/a entrepris des démarches effectives de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.



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Le groupe Areva est-il en marche vers son démantèlement ?

Les salariés du groupe Areva en grève à Bagnols-sur-Cèze (Gard)

Les salariés du géant du nucléaire Areva étaient appelés hier à la grève. Moment historique pour le groupe car l’ensemble des filiales ont participé au mouvement. S’ils défendent leurs salaires et l’emploi, la menace plane sur certaines filiales.

« Une grève historique dans le groupe Areva » titre aujourd’hui L’Humanité. Hier, vingt-cinq actions étaient organisées en France à l’appel de l’intersyndicale pour défendre l’emploi et les salaires chez le géant énergétique. Le PDG, Luc Oursel, a effectivement annoncé son Plan d’actions stratégiques le 13 décembre dernier (à lire ici). Le gel des salaires au niveau du groupe en 2012 et des embauches dans les fonctions supports sont au cœur de la nouvelle stratégie. Hier, à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, les salariés du site de Marcoule étaient rassemblés au petit matin devant les bureaux d’Areva.

Quid des fonctions supports ?

« C’est la première mobilisation dans le groupe le même jour ! », constate Patrick Lescure, coordonnateur CGT Areva à Marcoule. Il explique : « la direction a annoncé son intention de geler les embauches sur les métiers supports qui concernent près de trois cents personnes. » Ces fonctions représentent les ressources humaines, le juridique, l’informatique, etc. « En ce qui concerne les fonctions opérationnelles, on ne sait pas ce qu’ils veulent faire », poursuit le syndicaliste.

Ce qui peut être imaginé, c’est qu’Areva sous-traite l’ensemble de ses fonctions supports dont la filiale Euriware qui est sa société de services informatiques. D’ailleurs, les salariés d’Euriware ont déjà manifesté l’année dernière pour dénoncer leurs conditions de travail (à lire ici). Mais dans un secteur qui se gargarise d’assurer une sécurité maximale et dont la moindre information est « Secret défense », la sous-traitance de données sensibles est-elle réellement appropriée ?

Gel des salaires

« En termes de salaires, c’est l’auberge espagnole chez Areva ! », s’emporte Pierre Lescure. Alors quand Luc Oursel annonce le gel de l’ensemble des salaires en 2012, les salariés n’ont pas hésité à se mobiliser hier par une grève de cinquante neuf minutes. « Après deux rencontres avec la direction, elle a finalement décidé unilatéralement de donner une prime de 500€ pour tous. Mais il n’y a aucune augmentation individuelle ! », s’indigne Patrick Lescure.

Areva refuse effectivement toute négociation sur le sujet arguant du fait que les caisses du groupe sont vides. La CGT n’est pourtant pas gourmande revendiquant une hausse de 70€ bruts par mois pour tous les salariés. Manu Joly, délégué CGT à Areva NC (combustible), explique : « il y a une grosse participation des filiales à ce mouvement car leurs salaires sont moins élevés. Par exemple, dans la filiale nettoyage, ils sont payés au Smic alors si en plus on gèle leurs salaires… » Autre problème d’ordre légal cette fois. « Les négociations salariales ne peuvent pas se décider au niveau du groupe mais à celui de chaque entité », explique Jean-Marie Robert, secrétaire adjoint de la CFDT du site de Marcoule.

Un salariée de MSIS Assistance, la filiale en charge du démantèlement, poursuit : « Nous sommes une petite boîte avec seulement deux cent personnes en France. Nos conditions sont moins favorables alors que nous avons une très bonne rentabilité. Ça nous embête d’être mis sur le même pied d’égalité que les grosses boîtes. » Les salaires d’entrée chez MSIS Assistance vont de 1500 à 1800€ bruts par mois. Là encore, un gel des salaires aura une conséquence directe sur le pouvoir d’achat. « J’ai le même salaire depuis treize ans ! », s’emporte une salariée de la filiale. « J’ai donc été très vite rattrapée par l’inflation », constate-t-elle.

« Areva va vendre vingt-cinq filiales pour payer les salaires »

À quoi voit-on un malaise dans une entreprise ? Quand les cadres de la CFE-CGC ramènent leurs drapeaux dans les piquets de grève. Et Cyrille Vincent en charge de l’amélioration de la performance économique chez Melox (filiale en charge de la fabrication du MOX) n’est pas content. « On déplore les conditions d’Areva financièrement et économiquement ! Il y a eu un investissement hasardeux par l’ancienne équipe et les salariés le paient cash ! » Il fait ici référence à l’achat d’Uramin par Areva (à lire ici). « Areva l’a acheté 1,8 milliard d’euros avec en plus 700 millions de travaux », poursuit le délégué CFE-CGC.

« Alors, pour le gel des salaires, ce n’est pas la faute de Fukushima, ce sont les actifs pourris d’Uramin. L’augmentation des salaires correspondrait à 50 millions d’euros, soit trente-six fois moins que le capital investi dans Uramin. » Et la solution qui semble avoir été trouvée par Areva est la suivante : « On voit se profiler la vente de filiales, vingt-cinq vont être vendues pour payer les salaires », assure la CFE-CGC. « On est écoeurés ! », conclut son délégué.

Si pour le moment, tout projet est suspendu dans l’attente de l’élection présidentielle, la crainte se fait pour la suite. Areva ne cache pas entamer des restructurations de fonds comme l’annonce son document de référence 2010 (à lire ici). Au chapitre « Risques liés aux ressources humaines » (page 37), la direction annonce : « Dans le cadre de l’évolution du groupe, des réorganisations ou restructurations, potentiellement accompagnées de mouvements sociaux, sont susceptibles de perturber le fonctionnement de son activité et d’impacter sa situation financière ». Et, ces restructurations ne viseraient-elles pas, à termes, le démantèlement du géant du nucléaire français ?

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Les nouveaux indésirables

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Le gouvernement prépare le terrain au futur candidat UMP non déclaré en sortant un arsenal de mesures. La circulaire Guéant du 31 mai 2011 relative aux étudiants étrangers en fait partie démontrant la course électorale aux votes de l’extrême droite. Même si elle vient d’être retravaillée à la marge, elle lie travail et immigration, l’argument nauséabond utilisé depuis longtemps par le Front national. Avec leur bac+5, ces nouveaux indésirables manient l’informatique comme naguère leurs aïeux utilisaient le marteau-piqueur.

Hervé* a vingt-six ans et un parcours honorable. Après deux ans à l’université de Provence à Marseille, il est reçu, sur concours, à la prestigieuse ENSEIRB-MATMECA (1), l’une des six écoles d’ingénieurs de l’Institut Polytechnique de Bordeaux (IPB). Il réalise ensuite son stage de fin d’études et décroche, en avril 2011, un contrat à durée indéterminée (CDI) chez Altran, une société de services informatiques. Malgré tout, Hervé se retrouve aujourd’hui sans emploi, relégué au rang des nouveaux parias du monde du travail : « je survis grâce à la solidarité de la communauté protestante », explique-t-il. Étant Camerounais, il tombe sous le coup de la circulaire du 11 mai 2011 co-signée par Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, et par Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé.

Ladite circulaire a comme objet « La maîtrise de l’immigration professionnelle »« le Gouvernement s’est fixé pour objectif d’adapter l’immigration légale aux besoins comme aux capacités d’accueil et d’intégration de la société française » avec comme objectif  « une diminution du flux (…) en adoptant une approche qualitative et sélective ». La Conférence des présidents d’université (CPU) avait réagi à la rentrée : « Cette circulaire est très très grave, car elle peut avoir des conséquences importantes pour notre enseignement supérieur », a déclaré Monsieur Louis Vogel, président de Paris-2 (AFP 21/09/2011). D’après lui, les 280 000 étudiants étrangers, dont 40% de doctorants, sont une « richesse » faisant de la France le troisième pays d’accueil après les États-Unis et l’Angleterre. Devant cette bronca, le gouvernement vient de la retravailler proposant une énième version (à lire ici).

Irrégularisation massive

Le gouvernement a établi une liste de quatorze métiers en tension auxquels les étudiants étrangers peuvent prétendre. Le cas échéant, ne pouvant accéder au statut salarié, ils se retrouvent sans papier, leur employeur étant sommé de privilégier un alter-ego français. « Quand j’ai été embauché en tant qu’étudiant étranger, explique Hervé, je ne pouvais pas effectuer plus de 964 heures de travail par an. J’avais même décidé de ne pas prendre de job étudiant pour ne pas entamer ce quota. » Se rendant en préfecture, il obtient une prorogation de trois mois, « mais Altran a décidé qu’en six mois, j’avais déjà atteint le quota ». Convoqué le 15 novembre par son supérieur, il se voit signifier la suspension de son contrat de travail en attente d’une décision de la préfecture. Trois jours plus tard, il reçoit sa lettre de licenciement. « J’étais chez un client  en mission. Elle n’était pas terminée, j’avais même de la visibilité jusqu’en février 2012 et le client était satisfait de mon travail », se désole-t-il.

« À la mi-décembre 2011, 900 étudiants étrangers étaient recensés via notre site Internet. 222 ont été débloqués et 731 sont en attente ou en refus », explique Meriem Kadari du Collectif du 31 mai. Ce mouvement leur vient en aide et organise une médiatisation de certains cas. « On est loin des promesses du gouvernement nous disant qu’à la fin de l’année tout serait débloqué. On continue à avoir de 80 à 100 nouveaux cas par semaine, c’est énorme ! Et nous ne sommes pas optimistes pour la suite. » Car la politique du chiffre est en marche : « En préfecture, certains se sont entendus dire de revenir en janvier car, le compteur remis à zéro, ils auraient plus de chance. Après, qu’on ne nous dise pas que ce n’est pas une politique de chiffres ! ». Le discours aux préfets de Claude Guéant, le 29 septembre 2011, abonde en ce sens : « la baisse du nombre des changements de statut est insuffisante. Cela doit changer », sermonne le Ministre pour qui les représentants de l’État doivent « expliquer aux chefs d’entreprise, aux établissements d’enseignement supérieur, aux étudiants, la politique suivie, pour éviter les généralisations et les caricatures« . Malheureusement, le ministre n’a pas à forcer le trait pour que sa politique soit caricaturée.

Meriem Kadari assure que tous les cas recensés sont des personnes parfaitement intégrées ayant un CDI. « Nous avons grandi dans un système francophone en allant dans des lycées français. Il était donc logique qu’on vienne en France car nous avons les valeurs occidentales », explique la jeune femme. Et leur venue n’a pas été sans sacrifice. « Ma mère nous a élevé seule mes trois soeurs et moi », raconte Hervé. « Pour pouvoir faire mes études en France, j’ai dû constituer une caution bancaire de quatre millions de francs CFA, soit plus de six mille euros. C’est une somme énorme pour nous ! Ma mère a dû s’endetter par le biais d’une tontine en empruntant de l’argent à des amis afin de proposer le dossier à l’ambassade. À mon arrivée, j’ai dû rétrocéder une partie de cette caution tout en devant subvenir à mes besoins. » Hervé travaille donc en parallèle de ses études dans la restauration et le soutien scolaire : « Je réussissais à subvenir à mes besoins mais c’était ric-rac ! »

«ça fait mal à la France !»

Le patronat a réagi en ordre dispersé à cette circulaire se voyant privé d’une main d’oeuvre bon marché. D’ailleurs, un parallèle historique peut être fait dans la façon qu’il a d’utiliser la population immigrée. Avant l’informatique, l’industrie et le bâtiment étaient des précurseurs en la matière. En octobre 1972, la circulaire Fontanet-Marcellin cadre le recours aux immigrés. Elle « soumet le droit de vivre en France à l’obtention d’un contrat de travail et d’un logement décent. C’est en fait un simple rappel des lois en vigueur, mais comme celles-ci ne sont pas appliquées, le bouleversement est considérable », écrit Erwan Seznec (2). Un an plus tard, le premier choc pétrolier marque un coup d’arrêt à l’immigration professionnelle : « d’indispensables, les travailleurs immigrés deviennent indésirables (…) L’immigration cesse d’être la solution des patrons pour devenir un problème de société », conclut le journaliste. Aujourd’hui, le « problème de société » est utilisé à des fins électorales, l’actuel président de la République reprenant sans vergogne l’analyse frauduleuse de l’extrême droite associant travail et immigration.

Laurent Baudart, secrétaire général du Syntec numérique – syndicat patronal regroupant la plupart des acteurs de l’informatique – explique : « Le syndicat ne s’est pas positionné officiellement car on fait du lobbying de manière discrète. C’est un sujet sensible, la décision est avant tout politique avec les élections de 2012. » D’après lui, quatre mille personnes seraient concernées dans son secteur. « On a encouragé ces jeunes à venir faire leurs études en France. Il faut donc maintenant honorer notre parole car l’enjeu porte sur l’image de notre pays. » Ne s’avançant pas plus loin sur les répercussions économiques, il résume le sujet à la « parole donnée » à ces jeunes.

La direction d’Altran est encore plus discrète refusant tout commentaire. Jean-Pierre Matanovic, délégué syndical CGT, se fait lui plus bavard : « En Île-de-France, on estime que les étudiants étrangers représentent 15% des effectifs, soit entre 400 et 500 personnes. Altran emploie beaucoup d’immigrés car, en théorie, on manque d’informaticiens en France. Ils prennent donc des jeunes issus des anciennes colonies françaises qui sont beaucoup moins payés. » Et dans le bâtiment comme dans l’ingénierie, l’étranger est relégué aux métiers les moins valorisés : « Le client chez qui j’étais a des postes vacants depuis trois ans car il n’arrive pas à embaucher d’ingénieurs pour faire ce travail, explique Hervé. Pendant ma mission on a eu besoin d’un stagiaire. On a donc publié une offre de stage et ce ne sont que des étudiants étrangers qui ont postulé. Les métiers dans lesquels nous évoluons n’intéressent plus les Français. »

Meriem Kadari du Collectif du 31 mai reste pragmatique : « Ce n’est pas une fatalité pour nous car on parle tous trois langues. On a donc aucun souci pour s’intégrer ailleurs. Mais cette attitude du gouvernement fait mal à la France », lance-t-elle. « Par exemple, la Chine a réagit en fermant tous les V.I.E. (volontariat international en entreprise) aux Français car on refuse les leurs. Et maintenant que nous pouvons « rembourser » nos études en payant des impôts, on nous en empêche. Si nous avions su avant de venir qu’on nous demanderait de repartir, on aurait fait notre choix. Nous balancer ça en fin d’année scolaire quand on est diplômé, ça a fait l’effet d’une bombe et ça enlève la confiance qu’on avait dans la France ».

Une analyse  partagée par Hervé pour qui « cette circulaire a des fins électoralistes et son impact est réduit sur le chômage en France. Si on suit la logique, pourquoi ne pas demander à ceux qui travaille depuis dix ans en France de quitter le pays, pourquoi ne s’arrêter qu’en mai ? C’est absurde ! » Le cercle vicieux de la circulaire est lancée comme l’explique Meriem : « Maintenant le mal est fait car les entreprises ont peur et la discrimination se fait directement à l’embauche. À l’entretien, les employeurs demandent la nationalité du candidat, ce qui ne se faisait pas. On ne me l’a jamais demandé et pourtant je ne suis pas blonde aux yeux bleus. Alors qu’ils regardaient uniquement les compétences, désormais ils refusent même de prendre ces jeunes en stage de fin d’études, synonyme d’embauche par la suite. Résultat, les entreprises ne prennent plus d’étrangers. » De quoi réconforter l’électorat de Monsieur Guéant.

DERNIÈRE MINUTE : Hervé vient de recevoir sa régularisation de la part de la préfecture mais se retrouve maintenant sans emploi ayant été licencié au préalable par Altran.

* Le prénom a été changé à la demande du témoin

(1) – École nationale supérieure d’électronique, informatique, télécommunications, mathématique et mécanique de Bordeaux

(2) – Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay ; avec Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec – La Découverte, Paris, 2009.

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En pleine « Apocalypse » financière, le patron du Syntec numérique ne craint pas d’être « impopulaire »

DRLa crise financière mondiale qui fait trembler la planète Finance avec ses répercussions sociales inhérentes fait dire à certains que c’est « l’Apocalypse » qui s’annonce. Guy Mamou-Mani, le président du Syntec numérique, qui poursuit sa propagande auprès des politiques, n’en a cure. A court terme, il accepte même d’être « impopulaire ».

« Il faudrait peut-être parler des vrais sujets (…). Les bonus, c’est bien gentil, mais je crois que vous ne vous rendez pas compte que d’ici deux jours, ou une semaine, notre monde pourrait disparaître. C’est Armageddon ». Le 30 novembre dernier, Jean-Pierre Mustier n’est pas allé par quatre chemins lors d’une journée-débats sur l’innovation financière responsable à l’Ecole des Mines (Challenges – 05/12/2011. A lire ici). L’ancien patron du Jérôme Kerviel, le trader qui avait fait perdre 5 milliards d’euros à la Société Générale, officie maintenant à Unicredit dans la branche Banque de Financement et d’Investissement (BFI). Depuis ses propos notre monde existe toujours mais avec quelques soubresauts dont les SSII ne sont pas épargnées.

Capgemini dans le (Logi)caca

Et aujourd’hui, sans tout de même parler d’Apocalypse, une SSII vient de se faire remarquer  entraînant ses concurrentes dans la régression boursière. Ainsi, Logica vient d’annoncer un plan de restructuration avec la suppression de 1 300 emplois à la clé. La raison invoquée par la société de services ? « la dégradation des conditions du marché en Europe », comme le rapporte Les Echos (14/12/2011. A lire ici).

Une information qui n’a pas tardé à se concrétiser à la Bourse : Capgemini accuse la plus forte baisse du CAC40 ce matin. A 13h45, son titre perdait toujours 3,5% (à 24,87€) à Paris pendant que celle de Logica chutait de 15,6% à Londres. « C’est un effet boule de neige », explique un analyste au journal Les Echos qui anticipe : « Logica a mis en garde contre les difficultés du marché. Comme c’est un concurrent direct de Capgemini, on craint que Capgemini ne doive prendre de nouvelles mesures de restructuration ».

Capgemini reste d’une discrétion de violette sur le sujet même si les salariés doivent commencer à sentir l’odeur nauséabonde des restructurations. Paul Hermelin, le patron du groupe, a indiqué, lors de la publication de son chiffre d’affaires du troisième trimestre,  « que le groupe réduirait les embauches au quatrième trimestre par mesure de précaution face aux incertitudes sur l’évolution de la situation économique », rapporte le journal économique lui-même en pleine tourmente (à lire ici).

Stéria en passe d’être mangée ?

Dans la conjoncture actuelle, les doutes semblent planés du côté de Stéria. Ainsi, Boursier.com annonce que Stéria est « comme ses confrères, (…) actuellement fragilisée par le manque de visibilité caractérisant 2012. » (Boursier.com – 12/12/2011). Malgré « la forte progression des prises de commandes sur la période estivale », « la profitabilité (qui) est demeurée étale en dépit de la difficulté à remonter les prix de vente » au premier semestre, l’anticipation d’« une croissance des ventes de 3 à 4% » et « la marge opérationnelle courante (qui) ressortirait au moins égale à celle de 2010 », le site boursier n’hésite pas à pointer LA faiblesse de la SSII : « On n’oubliera pas un capital très ouvert qui pourrait donner des idées à un concurrent ayant un peu d’appétit… » Les affamés ne vont donc peut-être pas tarder à sortir du bois.

L’ogre Akka a toujours autant d’appétit

Heureusement, les bonnes nouvelles existent grâce à Akka Technologies qui fait preuve d’une certaine boulimie ces derniers temps. Après le rachat d’Aéroconseil, voila que l’ogre technologique se renforce dans l’automobile en engloutissant MBtech, la filiale ingénierie de Daimler-Benz. Akka va acheter 65% de ladite filiale sans en divulguer le prix (Les Echos – 09/12/2011). Le groupe lyonnais va ainsi passer de 7 000 à 10 000 ingénieurs renforçant sa présence en Europe, en Amérique du Nord et en Chine. Son chiffre d’affaires devrait « grimper à 900 millions d’euros par an, contre 545 attendus fin 2011. »  Mais, il n’est pas sûr que les salariés vont voir leurs conditions s’améliorer (à lire ici).

Le patron du Syntec numérique fait son numéro

Dans cette actualité morose, il y en a un qui n’a pas perdu de sa grandiloquence. Le patron du Syntec numérique, Guy Mamou-Mani himself, a fait son cinéma devant les représentants numériques des candidats UMP et PS aux présidentielles. Un numéro dont il est désormais coutumier (à lire ici). Alors qu’on l’attend plutôt à défendre l’intérêt de la profession avec la crise qui sévit, il préfère poursuivre sa propagande en vue des prochaines échéances électorales.

Pendant un débat organisé par l’Electronic Business Group (EBG), Guy Mamou-Mani et l’un de ses copains du MEDEF ont fait « valoir leurs marottes habituelles », à savoir : « Trop de timidité, trop de taxes, pas assez de libéralisation… », comme le rapporte 01Net (25/11/2011).

« Dans toutes les études qui sont faites actuellement, la France se situe dans le peloton de tête du haut débit, mais reste en queue sur les usages économiques d’internet et du numérique », s’est plaint le patron du Syntec numérique devant les deux politiques. D’après lui, il y a un manque de courage politique en la matière en refusant « la dématérialisation à grande échelle en raison de la centaine de milliers d’emplois qu’elle détruirait ». Et, droit dans ses bottes, il leur a lancé : « Il faut accepter à court terme d’être impopulaire. Et je veux bien reconnaître qu’avec un programme comme celui-là, je ne pourrai jamais me faire élire comme Président de la république. »

Les représentants des candidats vont donc certainement suivre son conseil. Mais cette saillie verbale tombe un peu à plat face aux défis auxquels doit faire face la profession. En tout cas, il n’est pas sûr que de tels propos renforce sa popularité auprès des membres du Syntec numérique.

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Le fondateur de Capgemini garde sa fortune en France

Contrairement à ce que j’avançais précédemment, Serge Kampf, le fondateur de Capgemini, n’a pas mis sa fortune à l’abri en Suisse.

Le magazine suisse Bilan, qui fait un état des lieux annuel des fortunes résidantes en Suisse, vient de faire son mea culpa. Il présentait Serge Kampf, le fondateur de la multinationale, comme nouveau résident suisse. Ce que l’intéressé à démenti. Comme le rapporte ici Les Echos, Bilan dit avoir « été induit en erreur par certains éléments qui, au final, ne signifient pas l’établissement administratif sur le territoire helvétique » de M. Serge Kampf, et « le retire donc de sa liste ». Ses millions seront donc bien soumis au fisc français.

Cela n’empêche malheureusement pas Capgemini de faire figure de « mauvais élève » (à lire ici) en matière de paradis fiscal comme le révélait le journal Alternatives économiques. Pourtant, avec les économies réalisées grâce à ses 24% de ses filiales ainsi exilées, les salariés de Capgemini auraient de quoi atteindre le paradis salarial.

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Capgemini et sa politique fiscale paradisiaque

Si les salariés du groupe Capgemini ne sont pas satisfaits de la politique salariale maison, qu’ils ne s’inquiètent pas, leur direction s’est concoctée une politique fiscale paradisiaque. Accrochez vos ceintures, décollage immédiat pour le rêve économique.

Les salariés de Capgemini et de ses filiales (dont Sogeti et Sogeti High Tech) engagent régulièrement le bras de fer pour défendre leurs salaires (à lire ici). Ils aimeraient, à juste titre, une meilleure répartition des richesses au sein de la multinationale. Si cela leur paraît vain, c’est que leur direction en connaît un rayon pour éviter de sortir inutilement l’argent que lesdits salariés produisent pourtant.

Capgemini, le « mauvais élève » fiscal

Ainsi, comme l’a déjà démontré le magazine Alternatives économiques en mars 2009, Capgemini fait partie des « plus mauvais élèves (en valeur absolu comme en pourcentage) » en matière de paradis fiscaux (à lire ici). Le groupe y planque depuis quelques années des filiales bien au chaud, à l’instar de LVMH, Schneider, France Télécom, Danone ou Pernod. 31 filiales  représentant 24% de la totalité de l’union économique et sociale (UES) de Capgemini sont ainsi bien à l’abri du fisc français. Cela représentent combien d’euros sonnants et trébuchants qui ne peuvent pas ainsi être reversés aux salariés lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) ? Le mystère reste entier.

Papi Kampf fait de la résistance fiscale

Serge Kampf, le fondateur de Capgemini, détient encore 3,6% du capital et sa fortune accuse une baisse de 7,38% s’affichant à seulement 212 millions d’euros (à lire ici). Comme dit le proverbe : « ce n’est pas au vieux signe qu’on apprend à faire la grimace », papi Kampf a décidé de faire de la résistance. Et fiscale s’il vous plaît !

Dernièrement, il a pris le maquis pour mettre à l’abri sa fortune à Genève, bien loin des kapos du fisc français. Le magazine suisse Bilan l’a dégoté en terres helvètes et annonce qu’il y planque entre 200 et 300 millions de francs suisses, soit entre 162 et 243 millions d’euros. Bilan édite chaque année un palmarès des « 300 plus riches de Suisse » et Serge Kampf fait désormais partie du petit cercle des « 44 plus grandes fortunes françaises », comme l’indique le journal La Tribune. Un exploit de plus à ajouter à son palmarès personnel, car il figurait déjà parmi les 500 plus grandes fortunes françaises (à lire ici).

Avec cette évasion vers le bonheur fiscal, Serge Kampf n’a fait qu’appliquer à la lettre l’essence de l’Institut Euro92. Fondé en 1988 par Alain Madelin, ce petit groupe « rassemble des décideurs politiques et économiques  soucieux alors de renforcer la compétitivité globale de leur pays face aux nouvelles exigences créées par la mise en place du Marché unique et la mise en route de l’Union Européenne », dixit leur site Internet.

Sous la houlette de Jean-Pierre Raffarin en tant que secrétaire général, Serge Kampf côtoyait d’autres valeureux patriotes soucieux « de renforcer la compétitivité globale ». On y retrouvait ainsi François Pinault, Patrick Ricard (Pernod Ricard), Jean-René Fourtou, Francis Mer ou encore un certain Jacques Servier des laboratoires du même nom.

Un directeur financier à bonne école ?

Concernant la politique fiscale de Capgemini, on imagine que le directeur financier a son mot à dire. Si tel est le cas, on comprend que Capgemini fait partie des « plus mauvais élèves » en la matière. Son directeur financier, Nicolas Dufourcq, est effectivement allé à bonne école. Petit-fils d’un musicologue et organiste, Norbert, son propre père ne suivra pas la voie paternelle. Papa Dufourcq, Bertrand de son prénom, sera ambassadeur de France. Il se marie le 6 juillet 1961 à Elisabeth Lefort des Ylouses qui deviendra femme politique et Inspecteur honoraire des affaires sociales.

De leur union naîtra donc le petit Nicolas qui épousera une carrière d’Inspecteur des finances après être passé dans le moule des lycées Henri IV et Louis-le-Grand à Paris, l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et la prestigieuse Ecole des hautes études commerciales (HEC). Après une brillante carrière dans le public, il devient, en 2004, Directeur général adjoint et Directeur financier de Capgemini. Un CV de rêve pour qui souhaiterait manier quelque peu l’évasion fiscale. Mais sûrement que Nicolas Dufourcq n’a-t-il jamais pris part à ces décisions d’élire domicile dans de tels paradis ? Ce n’est là que pure spéculation.

Les salariés de Capgemini ont au moins l’honneur de travailler dans un groupe qui engrange les records. Capgemini compte maintenant plus de salariés en Inde qu’en France (à lire ici) et a 24% de ses filiales dans un paradis fiscal. Et tout cela sous la houlette d’un « socialiste depuis toujours » comme aime se qualifier son Pdg, Paul Hermelin (à lire ici). Bref, les salariés de Capgemini peuvent être fiers.

!!! RÉACTUALISATION LE 02/12/2011 : Serge Kampf, par la voix de la porte parole de Capgemini dément résider en Suisse !!! (à lire ici)


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Le patron du Syntec numérique fait son cinéma

DRJeudi dernier, le Syntec numérique organisait une conférence de presse pour faire le point sur « une année 2011 très dynamique » et faire des plans sur la comète pour 2012. Guy Mamou-Mani, le patron du syndicat professionnel, en a surtout profité pour faire son cinéma. Moteur !

Si Guy Mamou-Mani, le patron du Syntec numérique, pèche par son charisme et brille par son optimisme forcené (illustré par le dernier baromètre du secteur), en public il n’hésite pas à en faire des caisses quitte à faire son cinéma, une de ses grandes passions avec l’art contemporain et l’opéra.

Action !

Dans le communiqué de presse  de cette grande journée que restera le 17 novembre 2011, le patron des patrons numériques lance sans ambages : « Le Numérique, Industrie du futur et futur de l’Industrie » avant de lâcher : « en conséquence, Syntec Numérique prévoit en 2012 une croissance en France de +1%. Le Numérique demeure le moteur de croissance important et d’innovation pour l’ensemble des secteurs. »

Du cinéma on vous dit  ! Ou alors Guy Mamou-Mani n’a rien compris au secteur qu’il représente. Son postulat : le numérique serait le moteur de l’ensemble de l’industrie. C’est vite oublier qu’il est le patron des patrons de sociétés de services qui sont, par essence, au service de… l’industrie ! Tenter de prendre le premier rôle comme le fait Guy Mamou-Mani tourne plutôt au ridicule.

Effectivement, il suffit aux grands de l’industrie de claquer des doigts pour que ses sous-traitants soient mis au pas. Le dernier exemple de Peugeot qui a annoncé des restructurations d’ampleur suffit à illustrer le propos. A côté de son homologue d’Airbus, Renault, Peugeot, etc., le patronat numérique fait pâle figure et représente plutôt un sous-patronat aux ordres des puissants. Ainsi, même au Medef le rôle du Syntec numérique est relativisé. Que pèse-t-il face à l’UIMM (Union des industriels des métiers de la métallurgie) qui se repose sur un trésor de guerre et un entregent politique incommensurables ?

Le réalisateur s’attaque aux figurants

Lors de sa séance, Guy Mamou-Mani a donc préféré accuser les figurants de mal jouer  laissant de côté les premiers rôles industriels. La charge a été portée contre le Munci, l’Association professionnelle des informaticiens, comme celui-ci le rapporte sur son site Internet (à lire ici). Comme des journalistes ayant assisté à la projection du Syntec numérique l’ont expliqué au Munci, Guy Mamou-Mani a dénigré cette « organisation pseudo-syndicale qui mène un très mauvais combat car cela nous empêche de faire pression sur les politiques pour améliorer le nombre de diplômés en informatique ».

Sans minimiser l’action du Munci, on a du mal à croire que cette modeste association, au regard du mastodonte Syntec numérique, puisse lui être aussi nocif. S’il l’est, ce n’est que d’une façon quand les membres du Munci ont la mauvaise idée de remettre les choses au clair.

Ainsi, le patron du Syntec numérique crie aux 800 000 informaticiens en France dont « 400 000 environ dans les services informatiques et autant chez les clients » et un « taux de chômage de la profession (qui) n’est que de 3% ». L’ami Guy est alors pris en flagrant délit de mensonge même s’il atteste que son « chiffre (est) incontestable (et) n’est pas donné par nous. »

Le Munci remet les pendules à l’heure, statistiques de la Dares et de Pôle-Emploi à l’appui. Ainsi, au deuxième trimestre 2011, il y avait  533 000 informaticiens salariés et demandeurs d’emploi. Côté chômage, après une deuxième hausse en août 2011, il y a 31 400 chômeurs du numérique qui représentent un taux de chômage de 6,3% dans la profession (à lire ici).

Pour finir concernant le Munci, Guy Mamou-Mani pense que c’est un « pseudo-défenseur des travailleurs ». Là, il commet une faute de communication de premier ordre. Donnons-lui un conseil qui lui fera économiser quelques milliers d’euros de conseil en la matière. S’attaquer à plus faible que soit n’est le reflet que de sa propre faiblesse. Une faute de poids qui démontre surtout le désarroi dans lequel se trouve le patron numérique. Désarroi qui semble tourner à la panique.

Dans les pas de son frangin

Guy nous a alors fait tout un pataquès pendant sa conférence de presse. Du grand art avec travelling avant et zoom à tout crin. Une fois encore, comme à son habitude, il n’a fait que suivre les pas de son grand frère : Alain Mamou-Mani. Après une maîtrise d’informatique et ses premières expériences dans la vie active, Alain a fondé Go International dont il sera le coprésident-directeur général jusqu’en 1987. Guy n’est alors qu’un tout jeune professeur de mathématiques qui laissera tomber l’enseignement en 1985 pour devenir… Président de GO International dès 1986. Merci frangin !

Alain est désormais producteur à Quid-Novi comme l’atteste sa fiche Viadeo. Il a entre autre produit « Rire et châtiment » en 2003, « Terre promise » en 2004, « Bunker Paradise » en 2005 et « Château en Espagne » en 2008. Regardant son grand frère avec des yeux pétillants de fierté, Guy tente, une fois encore, de faire comme son aîné. Du cinéma donc, mais en moins réussi, concédons-le.

Du reste, c’est avec gourmandise qu’on attend avec impatience la prochaine super-production Made in Syntec numérique : la grande campagne de communication qui vise à changer l’image, et peut-être même le nom, des SSII. Cette comédie d’un budget de 100 000 à 200 000€ sur deux ans sera réalisée par Olivier Vallet de Stéria et devrait être sur tous les écrans en début d’année prochaine. On en rigole d’avance.

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